Spiritualité ou religion

Il n’est nul besoin de choisir entre spiritualité ou religion, tant ces deux mots désignent des choses différentes, éventuellement complémentaires, et parfois opposées.

Pas d’intermédiaire entre Soi et Dieu

La religion est un service, qui crée une certaine valeur, puisqu’elle relie les gens entre eux. Par contre, quand elle prétend aussi relier à Dieu, en servant d’intermédiaire, elle se trompe et elle ment. Il ne peut y avoir d’intermédiaire entre soi et dieu !

La religion est un moyen de canaliser le collectif en l’éduquant. Elle est un outil politique.

Elle est aussi un business lucratif…

Après tout, si on crée de la valeur au service d cela collectivité, il faut bien gagner sa vie d’une manière ou d’une autre.

Mais quand on asservit les masses, au service d’une idéologie religieuse, on est dans le totalitarisme autant que le pire Marxisme.

 

Différences entre spiritualité ou religion

Soyons bien clair que la religion n’a strictement rien à voir avec la spiritualité :

  • La religion repose sur des dogmes, alors que la vie spirituelle est libre par essence.
  • Dans la religion, il faut croire, alors que dans la spiritualité, il faut dépasser les croyances pour accéder à l’expérience.
  • Dans la religion, il faut chercher (mais pas trop quand même, du moins pas jusqu’à poser des questions susceptibles de remettre en question le dogme et la hiérarchie), tandis que dans la spiritualité il est juste question de se laisser trouver, « toucher » même, par l’Essence de notre nature profonde. Et toutes les questions sont évidemment permises, bienvenues même ! La spiritualité ne rigidifie pas dans des certitudes, elle vivifie par les questions qui émergent et nourrissent la réflexion. Dans une vie spirituelle, on est travaillé par la question, qui peu à peu nous relie à la centralité de l’être. C’est d’ailleurs justement à cela que servent les questions : elles débarrassent des croyances, pour accéder à la strate du dessous, là où il n’y a plus de mots parce que c’est au-delà du langage et de la pensée.
  • La religion tient souvent le corps à l’écart, à l’inverse de la spiritualité qui contacte l’Unité à travers le corps. A quoi servirait le corps, s’il n’était justement le siège ultime de la spiritualité vraie, l’organe mis à disposition pour incarner l’esprit que nous sommes ?
  • Dans la religion il est question de culpabilité, d’obéissance et de renoncement/sacrifice, alors que la vie spirituelle est faite d’affirmation du soi véritable, d’oser le libre engagement à chaque instant différent, et de rendre sacré (c’est-à-dire reconnaître la dimension sacrée) pour apprécier et ne renoncer à rien du tout. Bien au contraire la vie spirituelle est fondamentalement positive et complète.
  • La vie religieuse est souvent militante et fanatique, tandis que la vie spirituelle est tranquille, et équilibrée.

La spiritualité authentique n’a donc pas de tabous, ni de préjugés.

La spiritualité est une démarche intime, qui n’a rien à vendre, ni rien à justifier. Elle est aimante et respectueuse, profondément conciliante, mais sans aucune compromission… alors que l’histoires des religions n’est faite que de jeux de pouvoirs et d’ego, savamment déguisés en « sainteté » (évidemment fausse et malsaine dans ces cas-là).

 

spiritualité ou religion ?

Compatibilité entre spiritualité ou religion

De grands saints sont restés laïques.

Et de plus grands saints encore n’ont jamais été canonisés par les églises. Ils n’en ont cure 🙂

D’autres ont été des religieux. Et pourquoi pas d’ailleurs ?

Selon les époques, on n’avait peut-être pas le choix.

Par exemple, si vous étiez une femme, et que vous étiez éveillée, et pas envie de vous affubler d’un bête bonhomme, la religion était peut-être le seul moyen social de vivre une vie spirituelle, à l’abri du collectif, qui n’aurait pas supporté à l’époque un tel niveau de liberté intérieure de la part d’une femme !

(lire à ce sujet notre article sur : « le féminin sacré« )

  • Vous connaissez probablement des religieux, qui vivent une vie spirituelle.
  • Et vous en connaissez également d’autres, pour lesquels cela semble moins évident.
  • D’un autre côté, vous connaissez aussi des laïques très engagés dans la spiritualité, au point qu’elle embrase toute leur vie.

Ainsi, la religion est-elle une des façons (pas la seule) de vivre une vie spirituelle.

Sur le Sentier, on ne se préoccupe ni de politique ni de religion, mais chacun peut s’engager dans l’une et/ou dans l’autre. Cela n’est en rien incompatible, et ne regarde personne. Ce sont des choix de vie, qui sont conditionnés par notre passé. On n’est pas libre de nos affinités et de nos aversions.

Et ce sont là des choix de vie de moindre importance par rapport à l’engagement profond pour la vérité.

 

Spiritualité ou religion, prétexte à la guerre

Le mot religion vient de la racine « religere » qui signifier relier. Relier la Partie au Tout, et relier les individus entre eux dans un sentiment fraternel et solidaire. Dans son essence, le principe religieux est donc plutôt noble.

Pourtant, l’histoire des guerres prend racine dans les oppositions de croyances religieuses, qui ont justifié tellement de massacres et d’holocaustes. Les religions caricaturent en surface des nuances de la métaphysique des profondeurs, et voudraient ramener la diversité à une pensée unique.

Dans le cadre religieux :

  • on fait la guerre au nom de la paix
  • on intrigue pour du pouvoir et de l’argent sous couvert de religion,
  • on tord les dogmes pour qu’ils disent ce qui arrange les dirigeants, à des fins politiques.
  • On se bombarde impudemment et invraisemblablement « peuple élu » (faut quand même l »oser »celle-là !… mais à l’origine, ce n’est pas cela que cela voulait dire, cela avait une portée symbolique et universelle. Ce n’était pas une pseudo parole de Dieu, indiquant ainsi une préférence injuste, et servant de prétexte à justifier des ambitions colonialistes, comme l’occident en a nourri depuis des milliers d’années)
  • on se soutient entre croyants, pour faire face aux non croyants, et tâcher de les convaincre qu’ils ont tort.

Où donc est alors passée cette universalité que prônait la religion dans son essence, quand elle oppose les uns contre elles autres au nom de l’unité et de la paix ?

Ces énormes contradictions ne semblent pas gêner ceux qui continuent de suivre le cortège de l’enterrement, en entonnant des chants d’allégresse bien naïfs…

Mais où vont donc ces processions irréfléchies ?

Et si la spiritualité ne consistait pas à suivre une religion, des préceptes dogmatiques, mais à tracer son propre chemin, qui que l’on soit ?

Spiritualité ou religion ne devraient jamais servir de prétexte à faire la guerre : c’est tellement évident, que l’arnaque est énorme ! La mauvaise foi est indubitable, de ceux qui font de la religion un commerce et un argument politique.

Peut-être qu’humblement, il serait temps d’oser grandir…